Comprendre le système nerveux

Chers tous,
Dans l'étude de la physiologie, le système nerveux a toujours tenu un intérêt tout particulier pour moi. Pourquoi ? Car nous fournissons aux individus un environnement moderne hautement toxique, qui leur demande de s'adapter constamment. Et cette adaptation est possible, en particulier, grâce au système nerveux.
Les plantes, par exemple, ont une adaptation beaucoup plus lente. Leur biochimie interne est semblable à notre système endocrinien, dont je parlerai une prochaine fois. Grâce au système nerveux, les animaux peuvent régir et se mouvoir beaucoup plus rapidement.
Première info à retenir : nous sommes câblés pour le mouvement. La sédentarité nous est destructrice.
Notamment, les animaux sont capables de générer un état dit de "stress", à cause d'un "stresseur". Comprendre les mécanismes du stress, chronique ou hormétique, c'est aussi ce qui peut nous permettre de comprendre quel comportement nous est délétère, quelle situation fuir, quelles circonstances changer, etc.
D'un point de vue anatomique, on aime séparer le système nerveux central du système nerveux périphérique. C'est le genre de séparation arbitraire, qui, selon moi, ne nous est pas profitable. Partez du principe que votre cerveau est distribué dans l'entièreté de votre corps.
Sinon, si nous continuons à penser que le cerveau est une part mystérieuse de notre anatomie uniquement située entre nos deux oreilles, nous créons le terreau idéal pour le dualisme cartésien "le corps et l'esprit". Il y auraient les choses qui sont "dans la tête", et le reste. Je vous invite à abandonner ce genre de classification et à étudier les correspondances et la continuité entre les différentes structures qui n'existent pas de manière isolée.
Le système nerveux, c'est un tout.
Accepter ceci, c'est aussi un bond épistémologique qui permet de ne plus prêter à tel groupe de neurones une essence ou une nature qu'ils n'ont pas.
S'il est vrai qu'il émerge des phénomènes globaux comme le mouvement, la motivation ou la peur de l'activité de certaines structures du système nerveux, on ne peut pas faire de raccourcis réducteurs. Par exemple, dire que l'amygdale génère la peur, ou que la dopamine est la source de la motivation. Ce serait comme retirer une pierre angulaire du Duomo de Florence et dire : "cette brique est une cathédrale".
Il n'y a que l'écoute active des phénomènes globaux qui nous permettent d'en saisir le sens, non l'approche réductionniste qui pense trouver la nature des choses en les coupant en morceaux.
La physiologie est donc à revoir également. Habituellement, nous classons le fonctionnement du système nerveux en deux branches opposées mais complémentaires : le sympathique et le parasympathique. Dit grossièrement, le sympathique nous active, élève notre niveau d'attention, nous pousse à combattre ou à fuir, et/ou génère l'état de stress interne. Le parasympathique est son pendant inverse, associé au repos, à la détente du tonus musculaire, la baisse de la pression sanguine ou le sommeil.
Cette classification, toujours aussi incomplète donc aussi fausse que les autres, est cependant utile. C'est d'ailleurs le propre des dogmes. Parler de sympathique/parasympathique permet de comprendre à quel point nous sollicitons chroniquement notre coeur-corps-esprit - notre adaptation en général - et que c'est cette sollicitation monochrome qui rend nos vies modernes toxiques.
Il y a une réelle émancipation à effectuer vis-à-vis de la recherche du confort et de la linéarité. Car c'est bien ces notions que la société a créées qui nous détruisent.
Une vie n'est pas faite pour être confortable. Elle est faite pour faire sens. Et le sens émerge de l'action incarnée, du fait de se frotter aux éléments afin d'en percevoir la rugosité, dans une confrontation constante entre ce que l'on anticipe, ce que l'on croit savoir, ce que l'on constate et l'interprétation que nous en faisons.
Je vous laisse simplement sur cette dernière impression : la physiologie peut mener à la philosophie, qui peut engendrer une toute nouvelle éthique. L'ignorance est la pire des épidémies. Le seul vaccin reste la recherche, constante, humble et incarnée, de la vérité.

Centre de l'Hormèse
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